HALTE AU POLITIQUE-BASHING

- 20.11.2017 - 

Je vais vous parler d'un sujet qui va très probablement vous mettre un coup au moral, mais tant pis ! Celui-ci n'est pas foufou, mais il est justement devenu assez fou, pour que je prenne le temps de l'évoquer. Je vais vous parler du politique-bashing. Je pense qu'il est temps de calmer le jeu ... Ce jeu qui consiste à dégringoler les politiques, pour la simple et bonne raison, qu'ils sont des politiques. Cette tendance est en train de me taper sur le coquillard ! 

 

Aaah le politique-bashing ! Un sujet tellement vaste et rocambolesque ... si je puis le dire ainsi. Le politique-bashing n'est pas seulement le Hollande-bashing ou le Sarkozy-bashing. C'est tellement plus que cela. Le politique-bashing peut être ces critiques sur les réseaux sociaux. Ces insultes en cascade lors de manifestations, avec la traditionnelle invective "T'es qu'un pourri". Ces devantures vandalisées car elles sont les lieux de travail des élus. Ces rétroviseurs détruits, simplement car la cocarde est apposée sur le pare-brise des véhicules. Ces lettres de menace reçues au domicile personnel de l'élu, qui sont ponctuées d'un "Je vais te faire la peau". Pour l'instant, elles ne sont que des "belles" promesses, mais un jour ou l'autre, elles pourraient être mises à exécution. Voici un petit florilège de ce que vivent les politiques au quotidien et en conséquence, leurs proches, dont leurs collaborateurs. Je suis sûre que de votre côté, vous pourriez malheureusement citer bien d'autres exemples.

 

Je ne pensais pas cela possible, mais pourtant, je n'ai aucun mal à dire que le politique-bashing s'est encore un peu plus aggravé ces derniers mois. Je ne doute pas que vous arrivez au même constat. Raison de plus pour vous en parler.

 

Aaah faire de la politique. Aaah être un élu de la République. Être un élu est loin, très loin, d'être un long fleuve tranquille. Si mon discernement n'a pas été trompée par d'autres, la politique avait, dans le temps, un sens noble. Oui, vous avez bien lu, la politique "avait". Ce n'est pas une erreur de ma part. J'écris bien cette phrase au passé. Je ne suis pourtant pas de ces personnes qui aiment dire : "C'était mieux avant". Mais il est vrai qu'aujourd'hui, je m'interroge sur le sens qui est donné à la politique. 

 

Que reste-t-il de cette représentation de la politique ? Je croise des anciens qui partagent encore quelque peu cette vision de la politique. Ils respectent encore ces hommes et de ces femmes, qui se donnent à la politique. Mais pour les autres générations ? Celles qui ont moins de cinquante ans ... Elles semblent toutes cracher dans la soupe. Enfin, ici, c'est plutôt sur les politiques. Tous les politiques. Plus grave encore est lorsqu'elles disent avoir une dent contre la politique. Mince alors, doit-on tout arrêter ? Si je vais dans leurs sens, le plus extrême soit-il, elles semblent aller jusqu'à dire qu'il faut supprimer la politique. Mesdames et Messieurs les politiques, certains des citoyens réclament tout bonnement votre disparition. Après tout, c'est bien connu : "les politiques ne servent à rien, tout comme d'ailleurs, la politique". Rhaaa

 

Je pense aux nouvelles et futures générations. A toutes celles qui sont en train de s'élever dans la détestation du politique. Face à ce phénomène, comment pourront-elles vouloir faire de la politique ? Comment pourront-elles vouloir s'engager dans la politique et/ou devenir un élu de la République ? Comme le dit parfois mon élu, dans un moment de lucidité, "faire de la politique, c'est finalement une source d'emmerdes plus qu'autre chose ! ".  Je ne veux pas être pessimiste, mais il me semble que les conséquences seront lourdes pour l'avenir de notre pays. 

 

Alors, que faire face au politique-bashing ? Que faire pour lutter contre cette montée de la détestation du monde de la politique ? Je tente dans cette nouvelle publication de vous apporter quelques conseils. Et ce n'est pas une mince affaire !

MES 5 CONSEILS POUR LUTTER CONTRE LE POLITIQUE-BASHING

DITES QUI VOUS ÊTES, AVANT CE QUE VOUS FAITES

Voilà, c'est fait. Votre élu se retrouve dans une situation de politique-bashing. Ne paniquez pas et restez calme ! Vous saviez bien que cette situation était susceptible de lui arriver. Votre élu vient de se présenter et on lui rétorque qu'il n'est qu'un pourri. Qu'un menteur. Qu'un manipulateur. Qu'un homme corrompu. Qu'il fait de la politique seulement pour l'argent ou pour le pouvoir. Voire les deux. Mince alors ...

 

Si les faits qui lui sont reprochés sont faux, ben oui, sait-on jamais, il serait peut-être bien de répliquer, non ? Ce que j'ai remarqué avec le politique-bashing, c'est que ce phénomène n'est pas contre l'homme, mais bien contre la fonction d'élu. Les détracteurs, quoi qu'ils semblent en dire, ne détestent pas l'homme, mais ce qu'il incarne, soit : un élu de la République. Aimez leur rappeler qu'avant d'être un "méchant politique", vous êtes un homme ... ou une femme. Enfin, vous comprenez où je veux en venir. Rappelez à vos interlocuteurs que vous êtes un homme qui est comme eux. Avec des sentiments. Avec une famille. Un homme qui a ou qui avait un travail. Un homme qui s'est probablement engagé en politique, non pas pour lui, mais bien pour les autres, pour défendre l'intérêt général. Un homme qui donne son temps aux autres. 

 

Aimez aussi les renvoyer à ce qu'ils sont, ou plutôt, à ce qu'ils ne sont pas et à ce qu'ils pourraient être. Après tout, ils pourraient également devenir des hommes politiques. Ne plus vivre pour leur petite personne, mais donner de leur temps aux autres. Votre élu doit chercher à les décontenancer, en veillant toujours à rester digne. Cette dignité que chacun attend d'une personnalité politique.

MONTREZ LES DENTS

Rester digne, rester digne ... Il est vrai que je recommande à mon élu de se placer toujours au-dessus de la mêlée. Ne pas se laisser emporter par les critiques ou submerger par l'émotion. Chercher toujours à prendre de la hauteur, peu importe les attaques. J'aime lui rappeler qu'il est une personnalité publique et qu'il doit avoir une attitude digne. En gros, je lui demande de devenir un canard. Enfin, vous savez bien ... de laisser glisser les critiques, comme l'eau sur les plumes des canards. 

 

Etant une personne calme, mes conseils me semblent très faciles à appliquer, en tout cas sur le papier. Car dans les faits, mon élu n'étant pas un canard et n'aimant pas faire " coin coin", il ne suit absolument pas mon conseil ; qui est ; de faire preuve de sang froid. C'est ça d'avoir un politique au sang chaud, qui peut très rapidement monter dans les tours ... Il est imp-ré-vi-sible ! Là-dessus, nous ne sommes pas fait du même moule. Mais alors, pas du tout du tout.

 

Je lui demande de contrôler ses nerfs, alors que lui, il raffole taper du poing sur la table. Lorsque certains décident de jouer avec lui au politique-bashing, il aime alors changer les règles du jeu, pour jouer au citoyen-bashing. Les règles sont très simples. Un citoyen l'attaque, mon élu réplique. Lorsque cette situation arrive, je me liquéfie littéralement sur place ... Je me dis : "Gloups, il a vraiment dit ça ?!? Quelle catastrophe !".

 

Enfin ça, c'était avant. Au fil du temps, je dois bien avouer que j'apprécie de plus en plus ce jeu. Lorsqu'un citoyen attaque mon politique au sang chaud, j'aime me tourner vers lui pour voir apparaître son rictus qui annonce la tempête, je recule de deux pas, et j'observe la scène. Celui qui voulait le clouer au pilori, s'y retrouve finalement cloué à sa place. Je comprends et respecte complètement l'attitude de mon élu. Il ose dire quand la ligne jaune a été franchie. Puis, je remarque que tous ces clashs, remettent les agresseurs à leur place. Ils changent soudainement de regard. Ils le regardent désormais avec respect. Ils ne le voient plus comme un élu, mais comme un homme.    

 

De temps à autre, je recommande donc aux élus de montrer les dents. Non pas pour que l'assistance puisse constater votre magnifique sourire, mais bien pour faire cesser le politique-bashing. Ne restez pas passifs face aux attaques. Chers politiques, voulez-vous être cantonnés à être les serpillières des citoyens ? Je ne le pense pas. Apprenez à taper du poing sur la table lorsque cela est nécessaire. Ne vous laissez pas marcher sur les pieds. Ne vous laissez plus asséner des coups sans ne rien dire. Ripostez ! Non mais ! (Mais toujours avec dignité ...)

ASSUMEZ QUI VOUS ÊTES

Voilà ce qui fait le plus de mal à la politique. Voilà ce qui alimente le politique-bashing. Ce sont tous ces politiques qui vacillent. Ceux que j'aime appeler amicalement : "les girouettes". Qu'est-ce qu'elles sont nombreuses en politique ! Elles n'ont aucun mal à s'incliner en fonction du sens dans lequel souffle le vent. C'est ce qu'elles savent faire de mieux. Elles vous disent ce que vous voulez entendre. Elles vous montrent ce que vous voulez voir. Par un tour de passe-passe, elles vous endorment. Elles vous noient, tout doucement ...

 

Si vous vous pensez victime de politique-bashing, je vous recommande tout de même d'écouter les attaques. Pas pour changer d'avis. Non, non, non. Mais seulement pour comprendre. Essayez d'écouter les reproches à votre encontre, pour mieux arriver à déterminer si vous vous trouvez effectivement bien face à du politique-bashing, c'est-à-dire des attaques gratuites car vous êtes un politique, ou non des critiques vous concernant directement. Ne confondez pas le bashing avec des attaques plus personnelles, dont la cause est bien ... vous. Seulement vous.    

 

Néanmoins, ce qu'il faut retenir, Mesdames et Messieurs les politiques, c'est de ne pas vaciller en fonction du vent. N'ayez pas peur de dire les choses ! N'ayez pas peur d'agir ! Affirmez-vous ! Assumez vos idées et ne faites pas de retour en arrière ! N'est-ce pas le principe d'un politique ? 

NE DEVENEZ PAS LE "POLITIQUE PARFAIT"

Je déconseille les politiques de jouer au jeu dangereux qu'est de devenir un "politique parfait". Entre les différents scandales et les lois qui ont été votées ces dernières années, les politiques ont une certaine pression venue je pense, de l'opinion publique et des médias. Il leur est demandé d'être parfaits et de tout révéler au nom de la pseudo"transparence". Il est demandé aux politiques de devenir des hommes et des femmes exemplaires. Les politiques doivent être "irré-pro-chables", disent-ils ! Pfff

 

Pour ma part, cela m'enquiquine. J'ai l'impression que tout le monde politique devient lisse. C'est comme si je mangeais tous les jours des légumes cuits à l'eau, sans aucune saveur. A la longue, qu'est-ce que ça m'em***** ! Puis, ceux qui font cette demande de perfection, sont-ils pour autant exemplaires ? Je ne le crois pas. Comme ces parents qui disent verser une pension alimentaire à leur fille, alors que celle-ci n'en a jamais vu la couleur. Comme cet homme qui dit chercher activement un emploi alors qu'il vient de passer un mois à l'autre bout du monde. Comme cette famille qui trouve un stratagème pour pouvoir bénéficier de prestations sociales ... J'en ai des exemples. Tellement. Ce n'est pas beau à voir, hein ? Mais ce n'est pas grave, eux, ils ne sont pas des politiques ... 

 

Elle est bien là, la pression auprès de nos politiques. Aujourd'hui, il est attendu des élus qu'ils soient parfaits. Mais ne tombez pas dans ce piège. Ce piège qui tente de vous faire croire que vous devez être des êtres irréprochables, pour être des politiques. Car, à la moindre petite aspérité, vraie ou fausse, peu importe, le résultat sera le même. Vous serez dégringolé en flèche, par vos amis les médias et vos meilleurs amis les électeurs. Vous perdrez le pied que vous aurez dans la politique, votre pied de la vie publique. Mais vous risquez aussi de perdre le second, celui de votre vie privée. Toujours envie d'accéder ou de continuer dans la politique ? Avez-vous envie d'être parfait ? Brrr moi non plus ...

 

Devoir être irréprochable pour être un politique est une belle c****** ! Ne tirez pas sur cette corde qui s'effiloche ! Pour être un politique, selon moi, il faut être responsable, mais sûrement pas irréprochable. Ne construisez pas votre image sur celle d'un politique parfait. Cette stratégie est trop risquée. Par de très probables "erreurs", vous risquez de perdre vos deux pieds, celui de la vie publique et celui de la vie privée. Puis, les erreurs ne sont-elles pas le propre de l'humain ? Gardez vos erreurs. Assumez-les et défiez cette dite "obligation" du politique parfait. Soyez élu pour ce que vous êtes. Au pire, quel sera le plus grand risque ? Celui de ne pas être élu. 

 

Mon conseil est d'être vous-même, rien de plus, rien de moins. Et profitez-en pour relire le conseil précédent ;-)

LE BASHING DES POLITIQUES ... ET LES AUTRES

Tiens, tiens, je vais vous révéler un secret : le bashing ne concerne pas seulement les politiques. Talam ! Vous ne vous attendiez pas à cette révélation fracassante, n'est-ce pas ? Les politiques ne sont pas seuls à subir cette violence ! Pensez au bashing des patrons, des fonctionnaires, des enseignants, des jeunes, des chômeurs, des étrangers. C'est que la liste est longue, très très longue. Qu'est-ce que cette nouvelle est rassurante ! Vous vous dites que tout va bien finalement. Que vous pouvez continuer à dormir tranquillement sur vos deux oreilles. Aaah mais non ! Surtout pas ! Réveillez-vous ! Sinon je vais finir par vous mettre quelques claquounettes sur la tronche. 

 

Ce qu'il faut retenir de ce phénomène, en tout cas ce que j'en retiens, c'est qu'il est alimenté par des personnes qui s'estiment en position d'échec, qui passent leur temps à lorgner sur la position des autres. L'herbe est  toujours plus verte ailleurs ... Le bashing est leur défouloir, un défouloir envers ces autres qui ont ou sont, selon eux, mieux qu'eux. Le bashing se construit autour d'une haine de l'autre, ponctuée des tirades classiques : "les patrons me piquent mon fric" (que je n'aie pas) - "les étrangers me piquent mon job" (que je n'aie plus) - "les jeunes sont tous des délinquants" (ce que j'ai été) - "les politiques sont des pourris, qui prennent des décisions qui rendent ma vie minable ... puis ils ont du fric, un job, payés à ne rien faire" ... Alors, vous arrivez toujours à être rassuré par la propagation du bashing dans notre société ? Pas moi. 

 

Face au bashing, pas seulement politique, la responsabilité de l'élu est de l'ouvrir et d'agir. Renvoyez-les à ce qu'ils sont et à ce que vous êtes : seulement des hommes. Au travers du bashing-politique, beaucoup pensent que les politiques sont responsables de tous leurs maux. Qu'ils ont en leurs mains la possibilité de faire aussi bien le bonheur, que le malheur. Aimez à rappeler la place des politiques dans notre société ! Ils contribuent au bien commun, mais surement pas aux cas individuels. Ce n'est pas leur rôle. Vous, politiques, vous ne pouvez pas tout faire. Vous n'êtes pas les créateurs du bonheur individuel.

 

Il ne faut pas tout attendre des politiques ou plus globalement, de la société. Malheureusement, pour l'homme, il est souvent plus simple de trouver un bouc émissaire responsable de son propre malheur, plutôt que d'accepter que le responsable n'est en réalité, que lui-même.



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